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L’économie de l’attention : un défi andragogique et sociétal

L’économie de l’attention : un défi andragogique et sociétal

Par Malak Bellout, formatrice de formateurs et experte en andragogie

En me réveillante ce matin je me suis posée cette question : pendant que les plateformes mesurent notre temps d’écran, qui mesure le temps que nous perdons à penser ?

La seule réponse que j’ai pu trouver c’est que quand notre attention devient LA matière première , nous ne vivons plus dans une économie de la connaissance, mais bien dans celle de l’attention.

Mon amie et consoeur Maitre Nacima Lamalchi-Elkilani m’a fait aujourd’hui l’honneur de sa présence et m’a nourrie de sa connaissance , comme à son habitude en veille stratégique constante et partage abondant elle m’a transmise le dernier rapport Trésor-Éco n°369 de septembre 2025, intitulé  » l’économie de l’attention à l’ère du numérique  » signé par Solal CHARDON-BOUCAUD .

Ce que j’y ai lu m’ a laissé perplexe, je ne savais pas si je devais me réjouir du suivi ou m’inquiéter du constat .

Après trois lectures, j’ai fini par me dire que la plus grande menace qui plane nos capacités d’apprentissage ne venait pas du manque de temps, mais du trop-plein d’informations. inspirée pour ne pas être aspirée , j’ose cette petite contribution en espérant vos retours .

Notre attention, cette ressource invisible et précieuse pour les réseaux , est aujourd’hui le carburant de leur modèle économique avec un seul mot d’ordre : scrollez mais ne réfléchissez pas, et ne vous déconnectez surtout pas .

Le rapport m’a confirmée ce que beaucoup de vrais experts pressentaient déjà : “La captation de l’attention va coûter – si ce n’est déjà le cas – à un pays comme la France entre 2 et 3 points de son PIB à long terme, en raison de la dégradation des capacités cognitives.” c’est énorme et affolant si l’on rajoute cela au cortège de dysfonctionnements dont souffre déjà notre économie sans parler de notre système éducatif actuel mais là ,n’est pas mon propos aujourd’hui .

Derrière mon constat, j’ai voulu soulever une double question de société et de pédagogie :

Comment former et engager dans un monde où l’attention elle-même est désengagée ?

Je suis alors partie du postulat que l’économie de l’attention repose sur une idée simple: Ce que nous regardons a de la valeur pour son diffuseur . Chaque clic, chaque scroll, nourrit sa machine conçue pour retenir notre regard, au détriment de notre concentration.

Cependant cela efface aussi notre conscience et on ne fait que consommer de l’information ephèmère et fragile , sans compréhension ni vérification . On partage et on propage .

Tout au long de ses pages le rapport Trésor-Éco détaille les conséquences alarmantes de cette économie :

  • MOINS 0,4 % du PIB par an en terme de productivité
  • Dégradation du capital cognitif des jeunes générations
  • Plus 28 % des troubles anxieux et dépressifs chez les utilisateurs intensifs de smartphone.

En d’autres termes : le “gratuit” a un coût lourd de sens pour nos sens

notre disponibilité mentale vaut de l’or  mais pour qui ?

Alors , je me dis en fulminant j’avoue , former dans une société de distractions a -t il encore du sens ?

En tant que formatrice de formateurs, je le constate chaque jour : certains apprenants arrivent en formation , fragmentés, dispersés, hyper-connectés mais malheureusement

sous-attentifs.

Cher lecteurs et lectrices , sachez que l’andragogie, repose sur l’autonomie, le sens et la motivation. Or, ces trois leviers sont directement affaiblis par l’hyper-sollicitation numérique dont nous sommes victimes . La distraction est constante et cassante .

Former aujourd’hui, c’est d’abord aider mes apprenants et mes apprenantes à la non-dispersion.” Un acte casi-militant , car je dois redonner le goût de la réflexion , à la déconstruction crépuscule de la nouvelle reconstruction avant l’apparition de l’astre de la concentration, une sorte d’ode à la la lenteur, et un hommage au silence cognitif. Mes trois conditions pour un véritable et durable apprentissage.

Comment rejoindre cet Eden ?

Par la veille stratégique , celle que je considère comme l’antidote par excellence à la confusion mentale permanente , celle qui est devenue un acte de résistance intellectuelle, que dis-je ? une prise de conscience du nouveau MAL qui nous plonge et qui nous ronge, tout le monde sait tout et personne ne sait rien ,une notification n’est pas une information .

Chers confrères et consoeurs , n’êtes vous pas d’accord qu’il faille agir , pour une veille maîtrisée, structurée et diversifiée, qui alimenterait la réflexion et nourrirait la créativité, et lutter contre celle qui serait subie, dictée par les algorithmes, et qui nous enfermerait dans une bulle d’informations redondantes et dénuées de sens .

Je donne souvent cet exemple en formation : La simple consommation puis la récitation d’un réforme ne fait pas de vous celui ou celle qui in fine a compris l’esprit de la loi , nuance !

Alors je le dis et le répète , se déconnecter c ‘est se reconnecter à soi , former à la veille, c’est apprendre à filtrer sans s’enfermer, à distinguer la pertinence du volume, à s’émanciper du flux, à privilégier la qualité à la quantité .

Et  je me plais à scander  : Défendons notre souveraineté cognitive.

Lorsque vous lirez le rapport , vous découvrirez les effets des réseaux sociaux sur la santé cognitive :

  • Baisse de 90 à 150 points PISA chez les enfants les plus exposés
  • Perte de productivité à long terme (jusqu’à 2,3 points de PIB)
  • Altération mesurable de l’attention et de la mémoire.

Tous ces réseaux, conçus pour “nous retenir sans nous prévenir ”, ne sont pas neutres. Ils façonnent nos prochains réflexes mentaux, nos émotions et notre rapport à la connaissance. Et s’ils deviennent nos principaux espaces de pseudo-information, ils transformeront indubitablement notre manière de penser. Je like donc je suis ( suivre et non être )

“Ce ne sont plus seulement nos données qui sont captées, mais nos propres capacités cognitives. »

Dans le tronc de l’apprentissage , coule une sève où se mêlent #softskills, #agilité, et #créativité. Mais la compétence la plus rare aujourd’hui, c’est l’#attentionconsciente.

Former demain, exigera de :

-Créer des environnements d’apprentissage favorables à la concentration.

-Réintroduire des temps de pause, de silence, et d’analyse lente.

-Former à la méta-cognition , tout en se protégeant de la saturation.

-Enfin ,éduquer à une présence numérique #éclairée, où la technologie sert l’humain sans l’asservir.

Vous l’aurez compris , l’’attention n’est pas une simple capacité mentale , c’est surtout une posture éthique, un choix éducatif, et notre responsabilité collective.

Il ne suffit plus d’enseigner “dans” le numérique : il faut enseigner sur le numérique, et contre ses dérives.

C’est donc :

  • Apprendre à nous déconnecter avec discernement,
  • Questionner nos valeurs et non nos clics
  • Et surtout, réhabiliter notre attention comme un bien commun de l’intelligence humaine et réelle .

“Notre attention est un capital unique . Notre vigilance, une compétence d’avenir. Et notre capacité à transmettre consciemment, le plus bel acte de résistance pédagogique.”

Alors , la formation va-t-elle devenir un espace de résistance à la captation attentionnelle ?

Vos avis m’intéressent, car à travers ,nous construirons notre culture numérique consciente.

« AI Act » ou quand l’Europe tente de réguler le pouvoir algorithmique pour garder la main sur sa souveraineté numérique

« AI Act » ou quand l’Europe tente de réguler le pouvoir algorithmique pour garder la main sur sa souveraineté numérique

L’adoption de l’AI Act marque un tournant historique dans notre histoire numérique si tant est qu’elle existe : pour la première fois, un cadre légal tente d’anticiper les conséquences sociales, économiques, organisationnelles, éthiques et géopolitiques de l’intelligence artificielle.

Il ne s’agit plus seulement de protéger nos données comme avec le RGPD, mais de réguler le pouvoir décisionnel de nos machines, leur impact sur nos droits fondamentaux et la manière dont elles redistribuent les rapports de force entre les États, nos entreprises et les individus.

Contrairement à ce que l’on croit, l’ »AI Act » n’est pas un texte « technique » réservé aux informaticiens ou aux juristes. Il redéfinit la manière dont nous recrutons, soignons, évaluons, produisons, surveillons, licencions, enseignons ou gouvernons.

Il fabrique aussi , à mon sens , un nouveau droit du travail, un nouveau droit de la responsabilité et un nouveau régime de souveraineté numérique ,car pour la première fois, l’Europe ne se contenterait pas de protéger son marché , elle essaierait d’ imposer sa vision de l’IA au monde.

La logique choisie par l’U.E repose sur une hiérarchie des risques : interdiction pure et simple des usages jugés incompatibles avec les droits fondamentaux comme le scoring social, régulation stricte des usages dits « à haut risque » : recrutement, santé, gestion des salariés, infrastructures critiques, ainsi que les obligations de transparence pour les systèmes à risque limité , à savoir les chatbots, deepfakes, etc.

Cette approche oblige désormais les organisations à documenter, justifier, auditer et tracer leurs systèmes d’IA , donc transforme profondément la gestion interne des données, la gouvernance, la conformité et même le rôle de nos managers.

Mais c’est au moment où l’ « AI Act » affirme cette nouvelle souveraineté normative que se révèle une tension majeure :

Les grandes plateformes et infrastructures d’IA sont aujourd’hui largement américaines, donc juridiquement exposées pour ne pas dire soumises au Cloud Act, qui autorise les autorités américaines  à exiger et à obtenir l’accès aux données, y compris lorsqu’elles sont stockées ou traitées en Europe.

Ce face-à-face entre AI Act (Europe = régulation de l’usage) et Cloud Act (USA = accès aux données) illustre une bataille féroce mais silencieuse : celle du contrôle des systèmes, mais surtout du contrôle de l’information .

Ainsi, l’AI Act n’est pas seulement une loi sur l’intelligence artificielle : c’est une stratégie de puissance. Elle affirme que le pouvoir algorithmique ne doit ni échapper au politique, ni être laissé aux seules logiques commerciales ou militaires.

Elle oppose au modèle américain de « puissance par captation et extraterritorialité » un modèle européen de « puissance par régulation et responsabilité ».

Deux visions du numérique s’affrontent : l’une fondée sur l’accès aux données, l’autre sur la protection des droits.

Ce choc géopolitique aura des conséquences directes pour les entreprises. Une organisation européenne utilisant un fournisseur américain d’IA peut se retrouver prise entre deux lois contradictoires .

En effet , l’AI Act peut l’obliger à garantir la confidentialité et la gouvernance de ses données, tandis que le Cloud Act peut exiger qu’elles soient accessibles à une autorité étrangère.

Le dilemme n’est plus théorique : il concerne nos logiciels RH, nos plateformes de santé, nos outils de scoring bancaire, nos LLM utilisés en interne, nos solutions de cybersécurité… et pose donc une question radicale :

Qui contrôle réellement les systèmes décisionnels qui nous gouvernent ?

C’est ici je pense , que le débat quitte le terrain juridique pour se positionner sur les terrains organisationnel, managérial, psychologique et social.

Dans les services RH, par exemple, les systèmes de présélection automatique de CV sont désormais classés « high-risk » : ils devront prouver l’absence de discrimination, fournir une traçabilité des données, être audités et pouvoir être contestés par un candidat.

Cela signifie que le manager ne peut plus se réfugier derrière la machine : sa responsabilité humaine redevient centrale. L’intelligence artificielle ne supprime pas le pouvoir, elle le « reconfigure ».

Les neurosciences nous confirment jour après jour que l’être humain accorde une forte autorité aux décisions perçues comme « objectives » ou « calculées ». Les sociologues du travail affirment que l’automatisation modifie la hiérarchie symbolique dans l’entreprise : on ne conteste plus un supérieur, mais un algorithme.

La philosophie enfin , rappelle que l’opacité algorithmique crée un nouveau type de domination où la personne subit une décision sans en connaître ni la logique ni l’auteur.

L’AI Act cherche précisément à briser ce triangle : opacité, automatisation, irresponsabilité.

Je crois honnêtement que la régulation ne suffira pas à elle seule , si les organisations ne se transforment pas en profondeur.

Car se conformer à l’AI Act ne consiste pas seulement à cocher des cases juridiques : cela suppose de créer des équipes mixtes data-juridique-RH, de concevoir des chartes éthiques opérationnelles, de former managers et dirigeants aux biais algorithmiques, d’anticiper les impacts psychologiques sur les salariés, d’intégrer des procédures d’audit permanent, et surtout de concevoir l’IA comme un outil de renforcement de la décision humaine, et non comme son substitut. Et c’est ce que je propose dans mes nouvelles formations , une nouvelle organisation managériale qui prend en considération ces grands enjeux .

L’AI Act, en réalité, nous oblige à repenser la gouvernance du numérique comme une matière vivante, collective, transdisciplinaire. Il fait entrer dans nos entreprises une nouvelle fonction : celle de la responsabilité algorithmique.

Demain, il y aura un « DPO de l’IA », un compliance officer spécialisé, un référent auditabilité, un médiateur des décisions automatisées.

Le droit change le management ; le management changera la culture ; la culture changera l’organisation. Malak BELLOUT

Au fond, la question que pose l’AI Act est assez simple et directe :

Que devient la dignité humaine dans un monde où les décisions sont produites par des systèmes d’IA ? L’Europe répondrait : elle devient un objet de droit? Le marché répondrait quant à lui : un paramètre d’optimisation ?

Pour La géopolitique ce serait : Un enjeu de puissance.

Désormais le choix vous appartient : ignorer, subir ou ANTICIPER

L’expression numérique face à la (ré)-pression algorithmique

L’expression numérique face à la (ré)-pression algorithmique

Freedom Of Speech # End of reach

Lorsque les réseaux sociaux ont fait leur apparition dans nos vies , ils promettaient de renforcer nos liens , sans toucher ni à nos droits fondamentaux ni à nos libertés individuelles et collectives

À l’époque je me réjouissais , de la précision des CGV , de la longueur des CGU et de l’existence de la modération algorithmique comme étant LA réponse à l’anarchie potentielle des réseaux.

Mais après des années passées , à analyser la liberté d’expression dans notre monde numérique et à observer la naissance d’une mécanique silencieuse de la #désamplification alogiritmique, je me pose la question suivante :

Le pouce vers le haut que nous chérissons tant pour notre visibilité est il devenu l’index que nous craignons et qui annonce notre invisibilité ?

Comment un système conçu à la base pour propager en est il arrivé à filtrer, et parfois même à punir, sans rendre de comptes ? oui aujourd’hui je vais vous parler de

La désamplification algorithmique

jadis le système informatique accouchant d’une multitude de plateformes commençait à être submergée par des milliards de contenus, et n’avaient – selon les déclarations de ses rentiers – pas d’autre choix que d’automatiser la modération.

La désamplification (réduction de visibilité) semblait donc être LA solution la plus “éthique” pour contenir les dérives sans interdire la parole.

Exemple concret :

Pendant la pandémie de COVID-19, YouTube a réduit la portée des vidéos vantant l’ivermectine comme remède miracle. L’objectif de santé publique paraissait légitime.

Le slogan “Freedom of Speech, not Freedom of Reach” sonnait juste : tu peux parler sur ton profil, mais pas inonder la place publique.

À mes yeux, l’algorithme était un pare-feu social, un outil de protection.

Mais aujourd’hui, je le vois comme un juge sans visage, appliquant des règles qu’aucun CLICK-toyen ( citoyen) n’a voté . Les algorithmes censurent à l’aveugle, amplifient certains discours, étouffent d’autres — souvent sans intention, mais toujours sans explication.

Cela s ‘appelle la trilogie des biais , de la zone grise et de l’opacité

a) Les biais incorporés

  • Exemple 1 : Des militants ont vu leurs publications supprimées simplement parce qu’elles mentionnaient la violence — l’algorithme, incapable de comprendre le contexte, effaçait tout.

b) La zone grise : prétexte à la punition

Une photo d’art antique jugée “trop suggestive”.Un débat médical qualifié de “désinformation”. La “zone grise” devient le refuge de la censure silencieuse : pas de haine, pas de mensonge, mais suppression quand même.

Enfin c) L’opacité, la vraie censure

Les créateurs reçoivent des messages standards :

“Votre contenu va à l’encontre de nos standards.”

Lesquels ? Pourquoi ? Comment contester ?

Cette absence de transparence détruit la confiance et alimente la paranoïa collective : le sentiment d’être puni sans procès.

Un pouvoir sans redevabilité

Vous l’aurez compris, nous ne faisons plus face à une censure politique, mais à une gouvernance privée, automatisée et mondiale. Des règles floues, appliquées par des machines, sans juge, sans législateur, sans appel. Le dilemme n’est pas “liberté vs sécurité”.

Il est plutôt  échelle vs justice.

Les plateformes ont choisi l’échelle.

Résultat :

  • Oui, la désamplification lutte contre la désinformation.
  • Mais elle étouffe aussi les voix minoritaires, les débats nuancés, et les récits qui dérangent.
  • Elle modèle l’opinion publique mondiale sans rendre de comptes à personne.

C’est là que naît à mon sens la “dicta&`ture algo$Ùrithmique” : une main invisible, sans visage, sans loi.

Et maintenant , Comment Sortir de la cage

peut-on exiger

  1. Transparence radicale
  2. Droit au recours humain
  3. Décentralisation

Non

je finirai par vous dire qu’internet devait être une agora planétaire. Il est devenu un système féodal où les algorithmes règnent sans contrôle, masquant leur pouvoir derrière des “standards communautaires”.

La démocratie numérique ne survivra pas si nous confondons régulation et domestication.

Nous devons à mon sens reprendre la parole — non pas contre la technologie, mais pour la transparence et la justice numérique.

Alors, posons-nous la seule question qui vaille :

Sommes-nous encore libres si nos idées ne passent plus la frontière d’un code ?

BREAK THE SHADOW

J’ai survécu à l’impensable , tel est mon bilan !

J’ai survécu à l’impensable , tel est mon bilan !

Nous avons connu le confinement , ce fut pour moi , le premier hold-up sur ma liberté de circuler, justifié par l’urgence. Puis la vaccination : second hold-up sur ma liberté de choisir, justifié par la volonté de préserver la santé publique et le bien commun, disaient -ils ….

Pendant que certains sortaient leurs chiens avec un bidon scotché sur la tête , et que d’autres se battaient pour du papier toilettes , le pouvoir faisait semblant de nous arroser d’argent enfin pour les niais qui l’avaient pris à l’époque .

l’euphorie fut brève sauf pour les loups qui avaient pris la fuite , et est venu le temps d’annoncer l’endettement, de manière ferme et normalisée, et d’imposer l’austérité aux insouciants d ‘en bas . Les pauvres patriotes d ‘en haut pointaient virtuellement et en même temps à Strasbourg à Bruxelles et à la mairie de Chalon sur berge .Et oui comme le dit Guérard , la vie d’un élu est tellement difficile , son combat au quotidien pour décider de déjeuner au Meurice ou au Crillon est un véritable dilemme , lui qui n’ a plus à payer son loyer sa mutuelle , son électricité son gaz et qui doit dire bonjour au chauffeur, au cuisinier et au coach sportif de madame , trop c’est trop ! servir le peuple coûte trop cher ….

Nous voici avec la dette en héritage collectif. Leur fracture est devenue notre facture.

Tout en respectant les distances de sécurité et en adoptant les gestes qui sauvent , nous avons obéi, douté, et nous nous sommes faits injectés la potion ! Pas par héroïsme mais par instinct de survie. Au réveil on a regardé nos entre jambes , plus rien , mais vraiment plus rien .

Le jour de l’annonce du déconfinement , quelque chose s’est déplacée.La vigilance citoyenne a laissé place à la défiance politique et à la défaillance structurelle.

De la vigilance à la défiance

Les complotistes, faisaient face aux incohérents, pendant que les pirates faisaient mains basses sur les acquis sociaux et que le démembrement de l’état de droit s’était décomplexé. Allons- y gaiement :

  • Dilapidation du denier public, Don quichotte va faire trembler Alexey
  • corruption et entre-soi des élites, honte à nous les jaloux
  • médiocrité institutionnelle, Mckinder l’avait dit , et cerise sur le gâteau
  • la communication se substitua à l’action.

L’État de droit se transforma petit à petit en droit de l’État, la norme a remplacé le sens, enfin la procédure étouffa définitivement la justice.

le compte à rebours avait commencé , un état faible , un corps politique creux , une dette abyssale et une inflation galopante

C’est tout ? Non , c’est au tour d’une déflation invisible et multidimensionnelle de s’installer :

  • Une déflation du courage,
  • De la pensée critique,
  • et de la parole juste.

Dire des âneries était devenu banal, et génial, Penser clairement est devenu suspect.La vérité était pauvre , voire nue,tandis que le mensonge paradait en costume, cravate et se faufilait à travers les petits esprits qui adoraient le storytelling de bas étage

Et nous, Con citoyens, les sal. ariés, fammmmm infâmes. , hommes lucides sans casier judiciaire traités tour à tour de :

  • faits néants sans travail
  • pigeons quand nous payons,
  • ingrats quand nous questionnons,
  • sales connes quand nous ne nous taisons pas dans les théâtres pour dénoncer les monstres condamnés par la justice

Notre crime ? vouloir faire savoir , comme dirait bismuth quelle indignité !

Mais notre Hyperconnexion est devenue  notre nouvelle  soumission

Nous voulions être connectés, Nous sommes devenus dépendants. 5G, DATA , IA.

L’hyperconnexion n’a pas libéré la pensée, elle l’a fragmentée.Elle n’a pas renforcé le lien,elle l’a monétisé. L’attention est désormais bon gré mal gré , capturée.Le temps est aspiré. La colère est entretenue.

Voldemor a tout compris

Un peuple occupé ne pense pas, et un individu épuisé ne résiste pas.

Pour autant c’est dans ce clair obscur , que né « Le quiet fighting » ou

la résistance silencieuse en entreprise

À trop nous menacer de nous faire tout perdre on a finit par ne plus rien avoir à perdre .

En Chine c ‘est l’apparition de la « NO FUTURE GENERATION  » pas de boulot et alors ?

Au Japon c’est ma maison jusqu’à en perdre la raison , on ne sort plus , on disparait , ailleurs c ‘est le début

  • des refus calmes, non je ne reviens pas au bureau ,
  • des retraits stratégiques, je veux du télétravail et rien d’autre
  • et la nouvelle vague de retraite spirituelle , où Mathieu rentré du Bengal , chignon sur la tête , pantalon en lin noué autour de la taille masse le cou de Béatrice ancienne cadre dans la tech qui a tout quitté , pour siroter une soupe d ‘ortie pendant 10 jours payé 5 000 euros afin d ‘apprendre comment déplacer l’attention vers soi, et pas vers ses proches.

Dans les organisations , dans la société et dans les esprits, c’est le Chaos inexpliqué!

Les monstres avides d’argent et de sang, cherchent à débusquer les derniers templiers ancrés perchés. le combat aujourd’hui n ‘est pas de trouver du sens à sa mission mais de gonfler le nombre de followers sur son compte tiktok en nous appelant « les loulous » , « les bébés » ,  » l’équipe » . Le but ? raffler la mise .

L’avoir a enterré l’être, tout comme le vite-faire a écrasé le savoir-être.

On s’attaque désormais aux jeunes générations à venir, et de epchtayne à vinchtayne on les veut toujours plus jeunes, toujours plus malléables.

Mais à qui la faute au déviant ou à l’indifférent ?Au loup ou au mouton ? Qui sont les nouvelles vaches à traire ? Et surtout : Que va-t-on cultiver pour le futur ?

À voir la détresse de nos agriculteurs , ce ne sera ni de vraies salades ni de vrais concombres, Mais à lire le livre d’un jeune détenu , j’ai cru avaler des salades et j’ai senti le passage douloureux du reste ….

Pauvre de nous , jadis philosophes des lumières désormais troubadours des ténébres avec

  • Une pensée lente,
  • Une indignité flagrante ,
  • Et un désert de transmission

Malgré cette tragi-comédie , Il nous reste un fond de lucidité , inconfortable, mais fertile. Il nous reste , je l’espère , la capacité de ne pas applaudir n’importe quoi.Le courage , de ne pas confondre légalité et légitimité. la décence , de ne pas appeler progrès, la simple super machination.

Il nous reste surtout une chose précieuse :

le choix de ce que nous cultivons intérieurement. L’éthique

Je ne suis pas optimiste , ou naïve . Je ne suis pas cynique ou ironique .Je suis simplement attentive.

Et l’attention, aujourd’hui, est déjà un acte de résistance.

À la fin de cette année, ma question n’est pas :« Que va-t-il se passer ? »

Mais : « Qui allons-nous décider d’être, malgré tout ? »